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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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Faut-il mieux payer les enseignants ? PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 01 Septembre 2015 00:00

Le traitement des fonctionnaires est-il lié à la qualité de leurs prestations ?

 

 

Deux candidats aux primaires de la droite « républicaine » ont publié les premiers éléments de leurs programmes. On peut remercier François Fillon et Alain Juppé pour avoir approché les élections présidentielles par le bon bout, celui des convictions et des mesures concrètes qu’elles impliquent. En dépit de leurs divergences, il y a un point commun aux deux hommes politiques : ils veulent revaloriser la mission d’enseigner. Ils ont raison sur le fond, mais ils se trompent sur la méthode ; faut-il mieux payer les enseignants ? D’ailleurs, ceux qui habituellement disent « il y a trop de fonctionnaires » ajoutent pour s’excuser : « mais mal payés ».

Mais qu’est-ce que la rémunération d’un fonctionnaire ? Son salaire net, brut, avec ou sans prime ? Avec ou sans revenus en nature (appartements de fonction pour certains) ? En tenant compte du nombre de semaines de congé ? En chiffrant la valeur de la sécurité de l’emploi, et des autres avantages propres à la fonction publique ? En incluant, par exemple, les bénéfices d’un régime de retraites calculées sur le dernier émolument, et des taux de remplacement de six points supérieurs à ceux du secteur privé ?

Relevant du statut de la fonction publique, les enseignants ne peuvent passer pour des prolétaires. De plus, leur situation est à l’abri de tout bouleversement politique car ils fournissent le gros bataillon des élus nationaux et locaux. Leur présence dans la classe politique nous vaut des initiatives et des projets coupés de la réalité, la plupart des maîtres n’ayant jamais connu ni compris l’entreprise privée ou la finance.

En fait, la seule valeur des maîtres serait celle qu’établirait un libre marché de l’enseignement. Or la France (comme la plupart des pays) a fait le choix d’un service public, de plus centralisé et syndicalisé, qui échappe à toute concurrence. Les maîtres sont payés d’après une grille administrative privilégiant le diplôme et l’ancienneté. Certains sont stimulés à améliorer leurs performances par l’amour de leur métier et le soutien des familles – éléments devenus rares. Ils sont plutôt portés à oublier leur mission, à cultiver l’absentéisme et le militantisme, compte tenu des conditions dans lesquelles ils opèrent.

Privés de la moindre autonomie, même pédagogique, de la moindre considération de leurs autorités et de leurs clients, élèves ou parents, ils font le plus souvent le choix de l’indifférence ou de la rancœur.

La seule grande réforme dont notre système scolaire a besoin est la concurrence entre établissements scolaires, rendue encore plus responsable et plus efficace par la privatisation et le libre choix des familles. Alors les bonnes écoles attireront les meilleurs maîtres et les meilleurs élèves. Et, quelques années plus tard, toutes les écoles seront bonnes et tous les maîtres seront compétents et motivés. Et, comme en Suède, au Canada et dans plusieurs Etats américains, les maîtres auront un statut social envié et des salaires élevés.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
Actualité
:
Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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