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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Ce thème de l’allocution prononcée lorsqu’il fut honoré du prix Nobel d’économie (1992) résume l’originalité de Gary Becker.

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Agriculture familiale ou agriculture marchande ? PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 25 Février 2015 00:00

Salon de l’Agriculture : le monde agricole ne cache pas son inquiétude

 

Le monde agricole est inquiet, et il a raison, car les derniers avatars de la Politique Agricole Commune (PAC) vont les amener à de profondes révisions de leur activité. En particulier les producteurs de lait français sont confrontés à la levée des quotas laitiers, mais mes producteurs de porc et de volailles sont déjà atteints depuis deux ans par une perte substantielle de leurs ventes, donc de leur production.

Manger européen

Les traités de Rome et de Messine ont mis en place la PAC. Les hommes politiques ont estimé que le marché et la concurrence n’avaient pas leur place dans l’activité agricole, ils ont fait le choix de « l’agriculture familiale ». Les paysans doivent pouvoir vivre avec leurs familles de la vente de leur production, on doit les protéger car ils permettent en de fixer les populations dans les campagnes, et de veiller à l’équilibre et à la conservation de la nature. Voici naître la « responsabilité communautaire » : le devoir des consommateurs européens est de manger européen, de façon à absorber toute la production agricole de nos paysans et, si ça ne se fait pas, les excédents seront rachetés au prix fixé par Bruxelles. Parallèlement, un dispositif protectionniste est mis en place : interdiction de vendre des produits étrangers à un prix inférieur au prix fixé par la commission de Bruxelles.

Evidemment très vite les producteurs réclament ce qu’on leur a promis : des prix plus élevés. Une première conséquence : des exploitations agricoles moins rentables que celles qui existent sur les riches terres de France vont apparaître pour bénéficier de la manne européenne ; subvention des agricultures allemandes, hollandaises, etc.  D’où la surproduction généralisée, et le budget de la Communauté obligé de combler le déficit des paysans : la PAC absorbe alors 80 % du budget européen ! Après les réactions contre ces dépenses  on contient la surproduction en imposant des quotas, mais en garantissant en contrepartie les revenus des agriculteurs. Céréales, viandes et laitages sont ainsi entre les mains de Bruxelles.

La PAC en fin de vie

Le bilan de cette évolution est saisissant : les contribuables européens sont mis à contribution (un point de TVA de tout pays membre), tandis que les campagnes se dépeuplent, les petits producteurs ne peuvent tenir les prix européens, tandis que les grands producteurs perçoivent une rente substantielle. La population agricole, majoritaire en France en 1950, représente moins de 5 % de la population active aujourd’hui. Bref, l’agriculture européenne est subventionnée à 80 % ( en Nouvelle Zélande les subventions représentent 2% des revenus des paysans), mais l’agriculture « familiale » a disparu dans les secteurs concernés par la PAC.

Aujourd’hui, plusieurs éléments poussent à la réforme de la PAC, voire à sa disparition. Le protectionnisme agricole est dénoncé par tous les pays du monde, mais la résistance politique des paysans, en Europe comme aux Etats Unis, est puissante, le poids électoral d’une minorité géographiquement concentrée est très grand. Certes, les négociations de Doha pour en finir avec le protectionnisme agricole ont été à ce jour dans l’impasse. Mais chaque année le paysage agricole mondial se modifie. En Europe les exploitations laitières du Nord, de grande taille et très mécanisée, vont pouvoir conquérir le marché européen. L’élevage du porc et de la volaille avec des méthodes « industrielles » (mécanisation, haute technologie, eugénisme) éliminent les Français de la compétition. La loi du marché est en train de se substituer à la PAC.

Comment le monde agricole français peut-il relever le défi ? La voie politique est bouchée, en dépit des promesses traditionnelles faites au Salon : il y a mondialisation de la production agricole. Reste la voie économique.  Des progrès de productivité peuvent se faire, mais leur financement est hors de portée de la plupart des producteurs. Plus abordable est la transformation des activités paysannes autour de services nouveaux : le tourisme rural, les produits haut de gamme, la renaissance des villages et petites villes capables d’accueillir une population vieillissante (le repeuplement des campagnes est un phénomène confirmé aux Etats Unis). On pourra cependant conserver à Paris « la plus grande ferme du monde ».

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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