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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

21 pages, gratuit

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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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ALAN GREENSPAN : SUPPRIMER L’IMPOT SUR LE REVENU PDF Imprimer Envoyer
Écrit par La rédaction   
Jeudi, 24 Mars 2005 01:00

La différence essentielle entre la France et les Etats-Unis, c’est l’extraordinaire conservatisme français, au mauvais sens du mot, qui nous empêche d’imaginer la moindre réforme et a fortiori de sortir du politiquement correct.

Au contraire, les Américains sont sans complexe lorsqu’il s’agit d’innover et envisagent le plus tranquillement du monde les réformes les plus radicales. On vient d’en avoir un nouvel exemple avec Alan GREENSPAN, Président depuis dix-huit ans de la Fed (la réserve fédérale américaine). Il est à dix mois de sa retraite (à 79 ans) et retrouve donc une plus grande liberté de parole.

Il vient d’être entendu par la commission préparant une réforme de la fiscalité. Il a appuyé une proposition, déjà avancée devant cette commission, consistant à supprimer l’impôt sur le revenu pour le remplacer par une taxe fédérale sur la consommation, (du type TVA), qui n’existe pour l’instant qu’au niveau des Etats. C’est d’autant plus important que si l’Etat fédéral collecte environ 2 000 milliards d’impôts, la moitié provient de l’impôt sur le revenu.

Pour M. GREENSPAN, « de nombreux économistes estiment qu’une taxe sur la consommation serait plus favorable à la croissance économique, parce qu’elle a de bonnes chances de favoriser l’épargne et la formation de capital en supprimant les impôts sur les revenus de l’épargne et de l’investissement ». « Je crois que, comme la génération du baby-boom va commencer à prendre sa retraite dans les prochaines années, il va devenir plus important pour la nation d’augmenter les ressources disponibles à l’avenir à travers une plus grande épargne nationale. Un code des impôts plus simple réduirait aussi les ressources considérables dédiées à se mettre en conformité avec les lois fiscales et les ressources libérées seraient utilisées à des objectifs plus productifs ».

Conscient des réserves qui ne manqueront pas de surgir, Alan GREENSPAN n’exclut pas un système hybride avec un impôt sur le revenu considérablement simplifié et à taux très faible et une taxe sur la consommation car « ni le Congrès, ni le pays ne sont probablement aujourd’hui prêts à passer totalement d’un système à un autre. J’imagine que probablement ce serait la meilleure route à suivre ».

Evidemment, la gauche s’est empressée de protester, car pour elle l’impôt progressif sur le revenu représente la justice fiscale et sociale, puisqu’il prend en proportion plus aux plus riches, tandis qu’une impôt indirect pénaliserait plus les revenus faibles et moyens, qui consomment plus en proportion que les plus riches et qui épargnent moins. On connaît bien ce type d’argument.

Mais d’autres ont appuyé sa proposition, comme Karl ROVE, principal stratège politique de G.W. BUSH, qui déclare « Quand vous regardez les économies d’Europe centrale, qui ont adopté des réformes fiscales combinant une taxe sur la consommation et un impôt sur le revenu faible, leur croissance est très forte ». De leur coté, les calculs du rapport économique du Président soulignent qu’une telle réforme pourrait dès la première année accroître de 43% l’épargne individuelle. G.W.BUSH lui-même a affirmé « vouloir travailler à une simplification du code des impôts, comme je l’ai promis au peuple américain. J’attends les conclusions de la commission ».

Bien entendu, on peut critiquer tel ou tel aspect de la proposition. Faut-il supprimer l’impôt sur le revenu ou seulement en supprimer la progressivité pour le remplacer par une taxe plate, plutôt que par la TVA ? Il vaut mieux un impôt qui se voit qu’un impôt indolore en apparence et donc invisible comme la TVA. Mais on peut supposer que lorsque GREENSPAN parle d’un impôt simplifié et à taux faible, il songe à une taxe plate au lieu de l’actuel impôt progressif. Ce serait un progrès certain.

Mais là n’est pas l’essentiel à nos yeux : on peut toujours discuter sur le plan technique de tel aspect du projet. Ce qui nous intéresse, c’est qu’aux Etats-Unis, les principaux responsables n’ont aucune honte à envisager publiquement les réformes les plus radicales. Alors que chez nous, la majorité est si frileuse qu’elle n’envisage même pas de réformer l’impôt de solidarité sur la fortune (qui n’existe plus ailleurs). Quant à l’impôt sur le revenu, il n’en est même pas question et nous allons garder la progressivité la plus forte, ce qui continuera à faire fuir les plus entreprenants.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
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Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
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Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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