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LE DEFI DE LA DEMOCRATIE PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 19 Octobre 2005 01:00

Lors de la première journée des rencontres de la XXVIII° Université d’Eté de la Nouvelle Economie qui se tenait à Aix en Provence du 28 au 31 Août 2005, l’œuvre et la pensée de Tocqueville nous amenait à nous interroger sur le défi de la démocratie. Anthony de Jasay, qui a enseigné à Oxford avant d’entamer une carrière dans la banque et de publier de nombreux articles et ouvrages de philosophie politique, nous parlait de justice sociale et de démocratie.

 

 Anthony de Jasay : La démocratie et la justice sociale 

La « justice sociale » est un sous-produit du jeu politique qui s’instaure dans une démocratie où s’exerce la tyrannie de la majorité. Elle n’a en fait rien à voir avec la justice, car elle ne concerne pas un acte humain responsable, mais une norme sociale arbitrairement définie par ceux qui gagnent à une redistribution. Cette perversion de la démocratie n’est pas acceptable, même au nom des arguments tirés du « contrat social ». 

La justice sociale est-elle juste ?

On a l’habitude de parler de la justice civile ou de la justice pénale. La justice sociale serait-elle de même nature ? Certainement pas : car les justices tant civiles que pénales se réfèrent à un acte humain injuste. Quelqu’un a causé un dommage à quelqu’un autre du fait de son action. En matière de justice sociale quelle est l’action humaine qui pourrait être réputée injuste ? Qui est le responsable de l’injustice ? On comprend qu’un criminel finisse ses jours en prison pour avoir enfreint une règle, qui est celle du respect des biens et des personnes. On ne voit pas en quoi consiste l’injustice sociale, puisque ceux qui en parlent et s’en réclament se réfèrent à une règle (en principe une règle de distribution des revenus ou des richesses).

Une conséquence de cette évidence est que l’injustice sociale s’auto-génère. Il suffit que quelqu’un définisse une nouvelle norme de justice sociale pour que de nouvelles injustices apparaissent. Ce sera donc une surenchère permanente, En d’autres termes, il n’existe pas de situation sociale dans laquelle on peut dire « justice est faite ». Concept purement arbitraire et quantitatif la justice sociale n’obéit à aucune règle morale. 

Est-elle inséparable de la démocratie ?

Si l’on définit la démocratie comme la légitimation du pouvoir par une majorité électorale, à la manière des Anciens (comme disait Constant), la justice sociale en est le sous-produit fatal.

Car dans une telle démocratie, l’essentiel pour les hommes politiques est de réunir cette majorité de voix qui leur donnera le pouvoir. Pour atteindre ce résultat, ils sont prêts à accorder des faveurs à des groupes de pression. Evidemment on ne dira pas dans le débat public que c’est pour leur donner des avantages sur les autres citoyens, et on masquera que les cadeaux faits aux uns seront au détriment des autres, voire même le plus souvent de tous ; on justifiera la promesse de dépenses ou d’interventions publiques nouvelles en invoquant la justice sociale.

La justice sociale marque ainsi la victoire de ce que les théoriciens du public choice appellent « les coalitions dépensières » sur le reste de la nation. Ceux qui pratiquent la spoliation l’ont emporté sur ceux qui vont payer les promesses.

Cette logique électorale devrait conduire à mettre en cause certains aspects de la démocratie et à donner priorité aux droits individuels sur le droit de vote ; par exemple le droit de vote ne peut pas évacuer le droit de propriété privée. Mais le plus souvent il n’en est rien, et on écarte les critiques à la démocratie en dénonçant ceux qui sont les ennemis de la justice sociale à laquelle la démocratie est attachée. La justice sociale devient ainsi l’alibi d’une démocratie dévoyée. 

L’argument du contrat social

D’autres se résignent à l’association démocratie-justice sociale en introduisant l’idée de contrat social. La constitution d’une société reposerait sur un pacte implicite qui pousse chacun à accepter par avance les résultats d’une redistribution qui pourra leur être favorable ou défavorable. La spoliation légale fait partie du package démocratique, et on l’accepte parce que l’on ne sait pas si l’on en sera victime ou bénéficiaire. Sans cet accord, aucune société ne peut se constituer.

Ainsi chez les contractualistes le « pacte constitutionnel » est passé en tenant compte de ce « voile d’ignorance » qui recouvre le sort futur que l’individu aura dans le jeu démocratique.

Le point de vue de James Buchanan représente ainsi une démission démocratique : comme on n’aura jamais une société parfaite, comme il y aura toujours des voleurs et des volés, autant s’en accommoder. A la décharge de Buchanan, il n’ose pas appeler cela la « justice sociale ».

Un pas de plus est franchi avec John Rawls, qui se réfère aussi au voile d’ignorance ou d’incertitude mais croit trouver la règle d’or de la justice sociale : la redistribution doit aller jusqu’au niveau qui aura permis de donner le maximum à ceux qui ont le minimum. Cette théorie du « maximin » suggère qu’au-delà d’un certain niveau de redistribution on ne peut pas continuer à accroître les revenus des pauvres sans appauvrir tout le monde à la fois. Le problème est que personne ne sait quel est ce niveau, pour la bonne raison qu’il est purement subjectif, et que l’on s’aperçoit qu’il existe seulement une fois après l’avoir franchi ; en attendant il est toujours souhaitable de l’élever.

En réalité, toutes ces arguties n’ont pour objet que de justifier l’injustice de la redistribution forcée, l’injustice des privilèges et des rentes accordés aux groupes de pression, aux minorités organisées.

Les gouvernements des démocraties commencent par vouloir séduire ces minorités, ils finissent par trembler devant elles. Elles détiennent ce que Tocqueville appelait « le pouvoir social ».

Il serait moins hypocrite de dire que l’on subit ce terrorisme, et d’avouer que l’on a simplement légalisé la spoliation des uns pour avantager les autres. 

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
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Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
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La concurrence sauvage
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Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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